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Flexibilité du dirham : pas de ruée vers les couvertures de change

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Depuis l’entrée en vigueur du nouveau régime de change, les acteurs du marché n’ont remarqué aucun changement dans les habitudes des opérateurs économiques en matière de souscription aux couvertures contre le risque de change. Explications. 

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau régime de change, les acteurs du marché n’ont remarqué aucun changement dans les habitudes des opérateurs économiques en matière de souscription aux couvertures contre le risque de change. Explications.

"Rien de spécial", "pas de changement majeur"… Les banques de la place sont unanimes : il n'y a pas eu d'impact du nouveau régime de change sur la demande de contrats de couverture.

En effet, depuis le 15 janvier -date de l’élargissement de la bande de fluctuation du dirham de +-0,3% à +-2,5%-, il n’y a pas eu d’engouement inhabituel pour les couvertures contre le risque de change, d’après les banques approchées.

Contacté par Le Boursier, un responsable desk change au sein d’une grande banque de la place, préférant s’exprimer sous couvert d’anonymat, nous a déclaré que "Les clients sont plutôt rassurés par rapport à ce nouveau régime de change". Et de souligner : "On traite pratiquement les mêmes montants qu’avant la flexibilisation du dirham ; il n’y a pas eu plus de souscriptions. Les produits qu’on traite le plus sont toujours les contrats à terme classiques, pour des maturités allant de 2 à 3 mois".

Notre interlocuteur affirme que "les acteurs économiques ont suivi ce qui s'est passé et constaté que la valeur du dirham n’a pas trop varié". Et d'ajouter que "les clients qui ont l’habitude de se couvrir continuent à le faire et qu'il n’y a pas eu l’entrée de nouveaux clients après l’élargissement de la bande de fluctuation du dirham". 

D’après ce professionnel, cette réation "normale" s’explique par deux phénomènes :

> Pas de volatilité du dirham: 

Globalement, le dirham fluctue pratiquement dans les mêmes niveaux qu'avant la flexibilisation. "C’est très rare où on dépasse l'ancienne bande de fluctuation", nous a indiqué notre interlocuteur. 

En mars 2018, par exemple, "la monnaie nationale s’est appréciée de 0,17% vis-à-vis de l’euro et de 0,07% par rapport au dollar américain", selon la revue mensuelle de la conjoncture de Bank Al-Maghrib.

> Les opérateurs économiques rassurés :

"Les opérateurs sont plus rassurés qu’avant la flexibilisation", a constaté notre interlocuteur. Et de continuer : "On a fourni beaucoup d’effort afin de vulgariser le système du nouveau régime de change. On a organisé des workshops et des séminaires, on a également réalisé des présentations spécifiques à nos clients".

D’après notre interlocuteur, la Banque centrale a, elle aussi, joué un très grand rôle en communiquant avec les banques et aussi avec les entreprise, afin de faciliter l'adoption de ce régime

Grâce à ces efforts, "les clients ont compris vers quoi on se dirige ainsi que les enjeux de ce nouveau régime. Ils ont acquis une certaine confiance par rapport au dirham", estime notre interlocuteur.

Sur la même lignée, deux autres responsables appartenant à une autre salle de marché de la place nous ont confirmé que, pour l’instant, tout se passe tranquillement. Grosso modo, trois mois après l’entrée en vigueur du nouveau régime de change, aucun changement majeur n’a été constaté.
 

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