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L'expansion des banques en Afrique subsaharienne, rentable mais risquée selon S&P

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L'agence de notation américaine vient de dévoiler son analyse macroéconomique du Maroc. Il en ressort une réforme du régime de change favorisant la compétitivité extérieure du pays, un secteur bancaire suffisamment capitalisé, des perspectives favorables pour les exportations devant réduire le déficit du compte courant à 2,5% l'horizon de 2020. Néanmoins, une décélération de la croissance économique est attendue en 2018 et une diversification de l'économie est recommandée.

 

 

 

L'agence de notation américaine vient de dévoiler son analyse macroéconomique du Maroc. Il en ressort une réforme du régime de change favorisant la compétitivité extérieure du pays, un secteur bancaire suffisamment capitalisé, des perspectives favorables pour les exportations devant réduire le déficit du compte courant à 2,5% l'horizon de 2020. Néanmoins, une décélération de la croissance économique est attendue en 2018 et une diversification de l'économie est recommandée.

L’agence de notation américaine Standard & Poor's prévoie une croissance du PIB réel du Maroc légèrement en dessous de 4% en moyenne sur la période 2018-2021.

En effet, elle s'attend à une légère décélération de la croissance, passant de 4,6% en 2017 à environ 3,1% en 2018

S&P explique cette décélération par le fait que la croissance de 2017 a bénéficié de conditions climatiques favorables et d'une campagne agricole satisfaisante dont les résultats ne seront pas dépassés cette année. "La production non agricole continuera de croître modérément, conformément à la tendance passée", selon l'agence de notation.

"À moins que le Maroc subisse des chocs économiques externes, nous pensons que l'expansion de sa capacité d'exportation et son ascension vers la valeur ajoutée contribueront positivement à la croissance économique sur notre horizon de projection".

Cela dit, l'agence précise que "nous attendons du Maroc qu'il diversifie davantage son économie en continuant à développer ses secteurs de l'automobile, de l'aéronautique, de l'électronique et des énergies renouvelables. Le Maroc a construit des pôles sectoriels complets pour développer son industrie automobile émergente", espère l'agence américaine.

  Croissance économique en 2018: Le gouvernement est plus optimiste que S&P

Par ailleurs, le gouvernement a atteint son objectif de déficit budgétaire de 3,5% du PIB en 2017. S&P s'attend à une poursuite de l'assainissement budgétaire en 2018 et à un déficit budgétaire de 3,2% du PIB. 

Selon l'agence, "l'objectif de déficit du gouvernement de 3% du PIB pour 2018 est réalisable. À ce titre, nous prévoyons que le rendement des revenus demeurera solide et que les contrôles de dépenses seront maintenus. La différence entre nos prévisions et l'objectif budgétaire du gouvernement découle de nos prévisions de croissance économique plus faibles. ".

Ainsi, S&P prévoie que la dette publique nette atteindra en moyenne 51% du PIB entre 2018 et 2021 (la dette publique nette exclut de la dette brute les liquidités du gouvernement et les avoirs de la dette centrale par d'autres branches d'État, comme les fonds de pension publics).

Flexibilité du Dirham :"les autorités marocaines maintiendront les restrictions sur les comptes de capital"

Au sujet de la flexibilité du Dirham, l'agence américaine estime que l'élargissement des bandes de fluctuation renforcerait probablement la compétitivité extérieure du Maroc et sa capacité à résister aux chocs externes macroéconomiques. 

"Cependant, nous prévoyons que les autorités attendront d'abord que les bandes de fluctuation actuelles soit testées par des développements financiers externes. Bien qu'elles s'orientent vers un régime de change plus flexible, nous prévoyons que les autorités marocaines maintiendront des restrictions sur les comptes de capital à court terme. Ces restrictions seront progressivement assouplies afin d'éviter toute fuite de capitaux potentielle à grande échelle", indique S&P dans son communiqué.

Risque de concentration de crédit dans le secteur bancaire

S'agissant du secteur bancaire, celui-ci semble être suffisamment capitalisé selon S&P, et ne devrait pas représenter un risque important pour l'ensemble de l'économie, compte tenu de son ratio de capital réglementaire relativement élevé, de près de 14%. 

"Bien que les prêts non performants représentent une proportion relativement élevée du total, à 7,5% en 2017, ils semblent être bien provisionnés. Néanmoins, le secteur bancaire reste vulnérable aux risques de concentration du crédit. L'expansion des banques en Afrique subsaharienne a jusqu'ici été très rentable, mais elle ouvre de nouveaux canaux de transmission des risques au système bancaire marocain", explique l'agence.

Comptes extérieurs: S&P prévoit un déficit 2,5% à l'horizon de 2020

Par ailleurs, concernant le déficit du compte courant de la balance des paiements, l'agence de notation s'attend à ce qu'il soit réduit modestement à environ 2,5% d'ici 2020 étant donné la capacité d'exportation croissante se matérialisant dans des industries à plus forte valeur ajoutée, comme le secteur automobile. 

"Pendant ce temps, le développement des sources d'énergie domestiques devrait freiner la croissance de la facture énergétique encore faible du Maroc".

Ainsi, "nous espérons que les autorités poursuivront les efforts d'assainissement budgétaire et d'amélioration de la croissance, et évolueront lentement vers un régime de change plus flexible", souhaite l'agence.

Pour toutes les raisons précitées ci-dessus, S&P Global Ratings a confirmé ses notes de crédit souveraines en devises étrangères et en monnaie locale «BBB- / A-3» à long et à court terme au Maroc. Les perspectives restent stables.

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