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Bourse de Casablanca : 2019, une année de transition ?

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Après une année 2018 baissière en bourse, l’année 2019 devrait être une année de transition. Les signaux de retour des investisseurs sont observés sur le marché, selon Bachir Tazi, Directeur de CFG Bank Capital Markets. Explication. 

Après une année 2018 baissière en bourse, l’année 2019 devrait être une année de transition. Les signaux de retour des investisseurs sont observés sur le marché, selon Bachir Tazi, Directeur de CFG Bank Capital Markets. Explication.

A quelques semaines de la clôture de l’année 2018, les analystes de la place estiment que le marché ne pourra pas effacer ses pertes. Ils guettent cependant un léger rattrapage. A la clôture de la séance de ce mercredi 5 décembre, le MASI affiche une baisse de 8,63% en variation annuelle. 

L’année 2019 sera-t-elle moins mauvaise que l’année en cours ? Anticiper l’évolution prochaine du marché boursier est difficile. 

Sollicité par LeBoursier, Bachir Tazi, Directeur de CFG Bank Capital Markets, estime que "c’est encore trop tôt pour anticiper ce qui va se passer en 2019 à la Bourse de Casablanca. On attend d’avoir plus de visibilité sur la croissance de la masse bénéficiaire des sociétés cotées pour 2018". 

"De prime abord, l’année 2018 devrait se terminer avec une baisse de la masse bénéficiaire, voire une stagnation dans le meilleur des cas. Ce point se positionne comme le premier élément qui tracerait l’évolution du marché en 2019'', affirme Bachir Tazi.

S’ajoute à cela le fait que "le PLF 2019 est toujours en discussion. On attend le vote final pour voir s’il n’y aura pas des changements par rapport aux projections économiques et, aussi, par rapport au cadre fiscal", continue-t-il.

"L’instauration d’une contribution de solidarité pourrait avoir un impact sur la masse bénéficiaire mais à partir de l'exercice 2019", ajoute-t-il. 

Il convient de rappeler que parmi les principales mesures relatives à l’IS apportées par le PLF 2019, il y a l’instauration d’une contribution de solidarité de 2,5% sur les entreprises réalisant un bénéfice imposable de plus de 40 MDH.

"La mouture actuelle du PLF 2019 semble volontariste et plaide pour une croissance économique relativement élevée par rapport à l’historique", pense M. Tazi. 

Il importe de rappeler que le Haut Commissariat au plan (HCP) prévoit pour 2019 une croissance du PIB de 2,9%, contre une estimation de 3,1% en 2018. Le Conseil de la Banque centrale, pour sa part, prévoit un taux de croissance de l'économie marocaine de 3,5% en 2018 et de 3,1% en 2019. Le gouvernement prévoit de son côté, 3,6% en 2018 et 3,2% en 2019.

Tous ces éléments montrent qu’il n’y a pas assez de visibilité pour se projeter en 2019.

Les investisseurs achètent tout en restant prudents

Toutefois, compte tenu de ce qui se passe actuellement sur le marché, "je pense que 2019 pourrait être une année de transition, car le marché a déjà bien baissé en 2018. La plus grande partie de la correction est derrière nous".

"Nous observons également les signaux d’une phase d’accumulationCes éléments pourraient se prolonger sur une bonne partie de l’année 2019", observe notre interlocuteur. 

Plus en détails, ces signaux se reflètent à travers, entre autres, "une stabilisation des cours".

M. Tazi indique qu’après une baisse qui a atteint -13% depuis le début de l'année, le marché commence à évoluer dans un trading range [fourchette représentant l’écart entre l’offre et la demande, ndlr] très étroit depuis quelques jours. L’indice du marché ne touche plus d’autres plus bas niveaux parce qu’il y a un retour de la demande notamment sur les Big cap". 

"Les acheteurs sont revenus sur les grosses capitalisations, mais ils ne sont pas agressifs à l’achat. Ils ne soutiennent pas les cours. Ils achètent uniquement quand il y a une opportunité".

Plus précisément, "ils décident d’acheter quand ils trouvent que le marché a atteint un niveau plancher de valorisation sans pour autant être agressifs et acheter à n’importe quel prix. Ils ne sont pas encore sûrs de la tendance future du marché. Ils achètent donc d’une manière très prudente".

Un autre point prouve la légère stabilisation du marché : "il y a une raréfaction de l’offre parce que les vendeurs ne sont plus dans un mouvement de panique, ils ne vendent donc plus d’une façon intense et à tout prix". 

"Ce n’est donc pas une phase de reprise", conclut notre interlocuteur.