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Paiement mobile: les mesures préconisées pour garantir la réussite du projet

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La solution nationale de paiement mobile démarre alors que les échanges au Maroc sont encore largement dominés par le cash. Son adoption par les utilisateurs représente un réel challenge pour Bank-Al Maghrib et les différents acteurs du marché. Voici les mesures préconisées par la Banque centrale pour garantir la réussite du paiement mobile au Maroc.

La solution nationale de paiement mobile démarre alors que les échanges au Maroc sont encore largement dominés par le cash. Son adoption par les utilisateurs représente un réel challenge pour Bank-Al Maghrib et les différents acteurs du marché. Voici les mesures préconisées par la Banque centrale pour garantir la réussite du paiement mobile au Maroc.

Le chantier du paiement mobile avance bien et s’approche de sa mise en œuvre effective et complète au Maroc. Plusieurs banques et établissements de paiement ont déjà lancé leurs applications de paiement mobile. Il reste encore la mise en place de la solution d'interopérabilité qui devait intervenir fin novembre et qui est censée garantir une pénétration importante de ce nouveau mode de paiement sur le marché marocain.

Les deux régulateurs, Bank-Al Maghrib et l'Agence nationale de réglementation des télécommunications, ont déjà annoncé leurs premières estimations du marché ainsi que les premières règles de place du nouvel écosystème.

Cela dit, un réel défi est à surmonter. Celui de la vulgarisation du nouveau produit et de l'encouragement de son utilisation par les Marocains.

Un Benchmark des mesures à l’international

Pour ce faire, une source de Bank-Al Maghrib nous explique qu'une étude de benchmark a été menée pour voir quel type de mesures ont été prises par d’autres pays dans ce sens. Ces mesures sont, entre autres : 

> L’obligation d'effectuer un paiement électronique des salaires et autres traitements similaires.

> L’obligation d'effectuer un paiement électronique des prestations de sécurité sociale (pensions, retraites, remboursement de frais de soins et de médicaments, versement d’aides sociales).

> La mise en place d’un seuil pour les paiements en espèces des consommateurs, c'est-à-dire définir un seuil de transaction au-delà duquel les paiements en espèces ne seront pas autorisés. 

> La mise en place d’incitations fiscales pour les consommateurs. Il s’agit d’instaurer, à titre d’exemple, un taux de TVA réduit pour les paiements électroniques ou une taxation du cash.

> La mise en place d’incitations fiscales pour les commerçants.

> Système de loteries nationales adossées à des numéros de transactions pour inciter les consommateurs à privilégier ce canal de paiement.

> L’obligation d’équiper les commerçants en terminaux de paiement mobile qui peut être assortie par des mesures d’aide à l’équipement et au financement de terminaux par les instances gouvernementales.

Ces mesures ont été présentées au gouvernement (Ministère des Finances et Ministère du Commerce et de l’Industrie) et sont actuellement en cours d’étude.

Des propositions d’incitations fiscales ont également été présentées à la Direction Générale des Impôts pour introduction dans la loi de finances 2019. 

Notre source précise qu’à l’instar des paiements par carte bancaire, les paiements par mobile (entre un commerçant et son client) sont gratuits pour les consommateurs. Pour le commerçant, l’acceptation des paiements mobiles peut faire l’objet d’une commission qui viendra couvrir les risques pris par les établissements acquéreurs.

Néanmoins la banque centrale a plafonné les frais d’interchange à un maximum de 0,5% du montant de la transaction.

Pour rappel, la commission d’interchange est le montant que la banque acquéreuse (celle qui contracte avec le commerçant) doit verser à la banque émettrice (celle qui contracte avec client) lors de chaque paiement entre un commerçant et son client.

Une stratégie de communication pour favoriser la réussite du projet

Afin de favoriser la réussite de ce projet, Bank-Al Maghrib compte accompagner la mise en œuvre du paiement mobile interopérable au Maroc par une stratégie de communication qui a pour objectifs de:

- Faire connaitre le concept autour d’un nom de marque commun.

- Asseoir la crédibilité de ce nouveau moyen de paiement et la confiance du public pour son utilisation.

- Eduquer le grand public au concept de paiement mobile.

Sur un autre registre, une structure de gouvernance sera mise en place par le régulateur bancaire pour assurer le développement de l’écosystème de paiement mobile, en menant l’ensemble des missions restant du domaine du collectif.

Notons que les opérateurs du paiement mobile espèrent capter une bonne partie des 400 milliards de DH de paiements en cash effectués annuellement. Rien que les paiements auprès des commerçants de proximité totalisent environ 290 MMDH annuellement.

Bank Al-Maghrib estime que la solution captera 60 MMDH sur la période 2019-2024, avec à terme 1,3 milliard de transactions, 6 millions d’utilisateurs, et 51.000 agents/commerçants faisant partie du réseau d’acceptation.

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