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Les banques continuent d’émettre des obligations pour rester en conformité avec les règles prudentielles

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Dans un contexte marqué par une croissance modeste du crédit bancaire, les banques de la place continuent d'opter pour des levées de fonds sur le marché obligataire afin de rester en ligne avec les règles prudentielles du secteur.

Dans un contexte marqué par une croissance modeste du crédit bancaire, les banques de la place continuent d'opter pour des levées de fonds sur le marché obligataire afin de rester en ligne avec les règles prudentielles du secteur.

Depuis le début de l’année en cours, 11 émissions d’emprunts obligataires ont animé le marché des capitaux, dont 8 émissions initiées par des établissements de crédit avec une levée de 8,05 MMDH.

Dans le détail, ces levées de fonds ont été initiées par : CIHAttijariwafa bankSGMBFonds d’équipement communalBMCICrédit Agricole du Maroc et Crédit du Maroc.

Pendant la même période de l’année précédente (à fin novembre), sept opérations avaient été initiées par des établissements de crédit pour une levée de 8,15 MMDH.

Voici les détails: 

Source: LeBoursier. Données: Notes d'informations des sociétés


               >> Lire aussi : Emprunts obligataires: les montants levés en hausse de 50% à fin octobre

Il importe de souligner qu’Attijariwafa bank va également procéder à une augmentation de capital réservée aux salariés. Cette opération consistera à émettre 6,33 millions d’actions au prix de 379 DH, soit un montant global de 2,4 MMDH.

             >> Lire aussi : Attijariwafa bank : augmentation de capital de 2,4 milliards de DH réservée aux salariés du groupe

Toutefois, le crédit bancaire est en ralentissement. Selon les dernières statistiques monétaires de Bank-Al Maghrib (BAM), le crédit bancaire a affiché une hausse timide de 1,5% à fin octobre 2018, en glissement annuel, à 844,4 MMDH.

              >> Lire aussi : La croissance du crédit bancaire ralentit de plus en plus

Dans un contexte de quasi-stagnation des réalisations commerciales depuis le début de l’année, les bénéfices générés par les 6 banques cotées à la Bourse de Casablanca à fin septembre 2018 n’ont augmenté que légèrement par rapport à la même période en 2017, et ce, malgré l’amélioration de 10,1% du coût du risque global.

              >> Lire aussi : Banques cotées: légère hausse des bénéfices à fin septembre 2018

Sollicité par LeBoursier, un analyste d’une grande banque d’affaires de la place explique que "les banques optent de plus en plus pour des financements obligataires afin de renforcer leur fonds propres".

Et de continuer : "c’est précisément pour se donner plus de marges en matière de distribution de crédit. Les banques marocaines deviennent un peu limitées en matière de ratios réglementaires notamment le ratio de solvabilité ; elles ne peuvent plus distribuer autant de crédits qu'elles le voudraient".

Le ratio de solvabilité représente le rapport entre les fonds propres d’une banque et ses engagements pondérés en fonction des risques de signature. Le seuil minimum édicté par la réglementation prudentielle en vigueur est de 12%

Il importe de souligner que la première application des normes comptables IFRS 9 a impliqué la réduction des fonds propres des banques marocaines, selon les états financiers publiés au titre du premier trimestre 2018.

             >> Lire aussi : IFRS9 : Fitch évalue l’impact sur les banques marocaines

Pour rappel, la norme IFRS 9 "instruments financiers" qui remplace la norme IAS39 "instruments financiers" est entrée vigueur le 1er janvier 2018. Elle modifie en profondeur les règles actuelles de classement et d’évaluation des instruments financiers, ainsi que le modèle de dépréciation applicable à ces actifs. Elle aligne également davantage la comptabilité de couverture et la gestion des risques des entreprises.

Ainsi, "pour pouvoir redonner du dynamise à la machine de distribution des crédits, les banques doivent renforcer leur fonds propres", conclut notre source.