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Les quatre options stratégiques que pourraient suivre les banques marocaines (McKinsey)

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Les banques marocaines s'alignent aux tendances mondiales du secteur bancaire, marquées par un tassement des revenus et une amélioration des ratios prudentiels. Selon le cabinet Mckinsey, les acteurs bancaires pourraient suivre quatre options stratégiques dans ce contexte.

Les banques marocaines s'alignent aux tendances mondiales du secteur bancaire, marquées par un tassement des revenus et une amélioration des ratios prudentiels. Selon le cabinet Mckinsey, les acteurs bancaires pourraient suivre quatre options stratégiques dans ce contexte.

La croissance du secteur bancaire marocain en termes de total du bilan a ralenti au cours des cinq dernières années, avec un TCAM de 9,6% enregistré entre 2007 et 2012 contre 4,1% seulement sur la période 2012-2017. C'est ce qui ressort du 8ème rapport annuel sur l'industrie bancaire de McKinsey & Company, qui analyse les mutations structurelles de ce secteur et notamment l'impact des innovations technologiques.

"Les grandes banques marocaines cherchent des opportunités de croissance et des ROE plus élevés à l'extérieur du Royaume", souligne le rapport.

Le document précise que le ratio Core Tier 1 des banques marocaines, qui mesure leur niveau de sécurité face au risque systémique, s'est largement renforcé; passant de 9,5% en 2007 à 11% en 2017.

Ces chiffres indiquent que les banques marocaines s'alignent aux tendances mondiales du secteur bancaire, qui selon le rapport de McKinsey sont marquées par les éléments suivants:

- Depuis la crise financière, les institutions bancaires et les régulateurs ont ensemble amélioré la sécurité de l’ensemble du système bancaire. C'est ainsi que de nombreux indicateurs de risque se sont améliorés, dont le ratio Core Tier 1.

- La capitalisation boursière du secteur au niveau mondial est passée de 5.800 milliards de dollars en 2010, à près de 8 500 milliards en 2017.

- Mais la croissance du secteur se tasse avec des revenus qui ont crû seulement de 2% par an sur les cinq dernières années ; alors que la croissance annuelle historique s’approchait plutôt des 5 à 6%. Les ROE sont proches du coût du capital.

L'enjeu de l'intermédiation encore important au Maroc

Par ailleurs, McKinsey indique que l’intermédiation financière a généré près de 5.000 milliards de dollars de revenus en 2017 à travers le monde, principalement captés par les banques. Le cabinet note toutefois qu'avec l’émergence de nouvelles technologies et l’arrivée de nouveaux entrants, les clients pourraient être encore plus éloignés de leurs banques.

François Jurd de Girancourt, Partner de McKinsey Casablanca, d’où il dirige le pôle de compétences Institutions Financières de McKinsey en Afrique, affirme que l'innovation technologique, l'évolution de l’environnement réglementaire ainsi que les comportements des utilisateurs ouvrent toutefois ce système d'intermédiation financière à de nouveaux entrants; y compris d'autres grandes institutions financières, des fintechs, des entreprises technologiques et des opérateurs télécoms.

"Pour le Maroc, où les paiements en espèces représentent encore un volume de transactions de plus de 400 MMDH/an, soit plus de 85% de l’ensemble des transactions, l’enjeu de l’intermédiation des paiements est encore plus important. Des mesures ont été prises pour réintermédier les paiements en cash", ajoute M.de Girancourt.

Il fait notamment allusion au paiement mobile; ainsi que la fin, en 2019, de la déductibilité du résultat fiscal des charges réglées en espèces pour lutter contre l’informel et certaines pratiques frauduleuses (limite de 10.000 DH par fournisseur et par jour).

Globalement, et compte tenu des bouleversements structurels qui touchent le secteur, McKinsey distingue quatre options stratégiques que les acteurs bancaires pourraient suivre :

- La banque innovante qui orchestrera toute la chaîne de valeur, misera sur un écosystème de plateformes digitales et collaborera avec la nouvelle génération d’acteurs de paiements dématérialisés;

- La banque proposant une offre plus industrialisée, qui misera sur des produits simples et la réduction des coûts;

- La banque spécialisée sur un segment spécifique, qui ciblera une clientèle et/ou un service de niche en offrant une proposition de valeur sur-mesure;

- La banque universelle traditionnelle mais entièrement optimisée et digitalisée, qui investira massivement dans les technologies pour améliorer ses performances.